Témoignage ⋅ Simon-Pierre

5ème Forum en ligne - 17 avril 2021

Les témoins

Témoignages

À chaque forum, des anciens musulmans viennent témoigner de leur conversion au christianisme.

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Mesdames et messieurs bonjour, je suis Simon-Pierre converti dans les années 7O et baptisé en 1973.

Mais avant de vous dire comment, j’aimerai vous rendre, à vous familles de souche et de tradition chrétiennes un hommage appuyé. Votre rôle est essentiel. C’est grâce à une famille comme la vôtre que le musulman que j’étais est devenu le catholique que je suis. J’en profite pour saluer ma marraine Marguerite et son époux Jean Duthilleul, partis trop tôt, sans qui je serais encore musulman. Je voudrais aussi saluer mon parrain Mr Hugon et son épouse et tout le cercle St Pie V qui m’ont très bien entouré avec l’abbé Henri Mouraux et bien d’autres.

Venons-en maintenant à ma conversion!

Il se trouve que dans les années soixante nous étions voisins d’une famille catholique pratiquante originaire de Caen. Si l’imitation du Christ dit que certains vous entretiennent de la charité sans vous en faire connaître la saveur, j’affirme quant à moi que cette famille a été ma famille élargie, ma famille expansée. Avec les enfants nous partagions nos jeux et ce malgré nos différences sociales...Malgré nos déménagements nous n’avons jamais coupé les ponts. C’est à l’âge de 17 ou 18 ans que cette famille s’avisait de me parler de Jésus que j’acceptais de suivre au bout de quelque temps. Pour me soustraire aux dérives de mai 68 et de celles de Vatican II la famille Duthilleul avait contacté un prêtre de Nancy « tradi » avant le mouvement, qui consentait à me baptiser sans conditions aucune.

Bien évidemment il me fallait être évangélisé, catéchisé et cela avait été fait avec le catéchisme de St Pie X. En Lorraine j’étais très bien entouré et au printemps 1973, le 31 mai je recevais le baptême des mains de l’abbé Mouraux après une excellente préparation. J’avais presque 20 ans. Je tiens aujourd’hui à lui rendre grâces ainsi qu’à sa cousine Mme Cécile Kneib, à Mr et Mme Hugon, les Guillaume, les Martin, la famille Lévy, la famille de St Léger, la famille Rabischong et beaucoup d’autres...il ne faut pas que j’oublie l’abbé J Henry et l’abbé Son de Gripport en Meurthe et Moselle. Toute la communauté chrétienne m’entourait. J’éprouvais une immense libération à l’issue de ce baptême et pendant à peu près deux mois il m’arrivait souvent de me gonfler les poumons d’air comme si je sortais d’une apnée. J'étais heureux! Une convertie européenne me disait avoir eu la même expérience lors du forum de Steenwerck en 2014 dans le Nord.

La chose la plus surprenante est la foi acquise bien avant le baptême. Je peux affirmer que j’étais chrétien avant même que je reçoive le sacrement. Pendant des années j’étais surpris de cette foi, ancrée en profondeur au fond de mon être, jusqu’au jour ou au fil de mes lectures je tombe sur une citation de saint Augustin où ce père dit : “Croyez pour comprendre !” Ce père ne dit pas il faut comprendre pour croire “ il affirme [la nécessité] de croire pour ensuite comprendre”. La condition première est de croire et cet acte d’humilité induit la foi. C’était à ce moment précis que j’ai compris ma foi, comment elle m’a été donnée, comment je l’ai acquise. J’avais parfaitement rempli les conditions pour comprendre puisque j’avais au préalable cru très simplement. Sachez bien que ma foi ne consiste pas à comprendre la Trinité ou la rédemption du Christ ou encore un autre mystère. Non ma foi en Jésus repose sur le fait qu’avec Lui j’ai fait une rencontre, que j’ai un rapport avec sa personne, qu’avec ce quelqu’UN j’ai une relation. Avec le recul je certifie qu’en Islam je n’ai jamais eu la foi parce que je n’avais pas de relation avec la divinité qui se prénomme Allah.

Certes j’héritais d’une culture, d’une religion mais d’une intimité avec quelqu’un est trop dire. Et comment avoir une relation en Islam, avec Dieu, quand le Coran affirme en 32/5:

        “Du ciel à la terre, Allah administre l'affaire, laquelle ensuite monte vers Lui en un jour équivalant à mille ans de votre calcul.” et en 70/4 : ”Les Anges ainsi que l'Esprit montent vers Lui en un jour dont la durée est de cinquante mille ans.”

Je pense que Dieu entend la prière d’un musulman mais par contre c’est toujours Jésus Le Christ qui répond. L’encyclique “lumen fidei“ du pape François dit que “la foi naît d’une rencontre avec l’amour de Dieu”. J’en ai l’intime conviction pour l’avoir vécue ! J’ai depuis ce jour la certitude que je suis dans le vrai. Ce n’est pas une vue de l’esprit ou quelque chose de cérébral mais ça relève d’un ordre qui dépasse celui du sensible et de l’irrationnel. Chez les juifs la raison a comme centre le coeur et je les rejoins de ce point de vue. Cette foi que j’ai depuis lors, je l’entretiens, je la nourris, je la préserve. En Islam, j’héritai d’une culture mais je n’avais pas la foi au sens où je la saisis maintenant.

Il y a un élément que je voudrais clarifier. Si je n’avais pas la foi, l’histoire d’un Dieu qui s’incarne pour sauver l’homme serait absurde. Parce que ma foi prime je sais par conséquent que je suis dans le vrai et que c’est l’explication la plus vraisemblable et bien la plus sensée que de m’en remettre à un hasard qui aurait tout décidé. Un hasard qui aurait programmé la vie est encore plus absurde. Comment le hasard qui est du domaine du contingent, de l’accident peut décider d’être programmateur de la vie ? Et soyons logiques, un accident arrive seulement quand existent des éléments susceptibles de provoquer cet accident !

Ces premières années de ma conversion ont été des années studieuses au possible. Je dévorai les livres et entouré comme je l’étais ; j’apprenais beaucoup. Un ami d’enfance avait eu la bonne idée d’enregistrer une conférence de Gustave Thibon sur la liberté. Et la liberté expliquée par Gustave Thibon, sur la base de l’encyclique du pape Léon XIII ”libertas praestantissimum” est absolument prodigieuse[1]. L’explication de Gustave Thibon éclaircit le texte ampoulé de l’encyclique pour en faire un moyen de résistance devant toutes les dérives sectaires des doctrines libérales. Mais surtout Dieu fait de la liberté un formidable moyen de rédemption et de promotion, d’aller vers Lui et de se libérer du vieil homme.

Gustave Thibon en fait une avenue impériale vers Dieu. Je me souviens qu’un argument est de dire que si la liberté consiste à choisir entre le bien et le mal cela revient à dire que l’homme serait plus libre que Dieu, puisque Dieu ne peut faire le mal. Il s’ensuit que la liberté ne consiste pas, au choix entre deux options, le mal ou le bien mais seulement en une seule : ne faire que le bien, seulement le bien et uniquement le bien. Comme Dieu !

St Augustin en fait commente ce que Jésus affirme dans l’Evangile de St Jean au §11 verset 40 où Il dit à Marthe éplorée de la mort de son frère : ”Ne t’ai-je pas dit que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu?” Il faut saisir que ce ”tu verras” est à interpréter comme “ tu comprendras ”.

Celui qui croit voit, il voit avec une lumière qui illumine tout le parcours de la route parce qu’elle nous vient du Christ ressuscité, étoile du matin qui ne se couche pas.

St Augustin reprend aussi ce que dit Isaïe au §7 verset 9 ! : ”Si vous ne croyez pas, vous ne comprendrez pas.” Jean Guitton pour clore cette intervention dit en une phrase admirable : ”croire n’est pas savoir, croire n’est pas comprendre, croire c’est adhérer dans la nuit.” Je rajoute que croire c’est même assimiler l’irrationnel.

Merci.

[1] Un lien vers une explication de l’encyclique « libertas praestantissimum » par l’abbé Billecocq (FSSPX) : https://integralisme-organique.com/2020/03/libertas-praestantissimum-de-leon-xiii-abbe-billecocq/

Celui qui croit voit, il voit avec une lumière qui illumine tout le parcours de la route parce qu’elle nous vient du Christ ressuscité, étoile du matin qui ne se couche pas.

St Augustin reprend aussi ce que dit Isaïe au §7 verset 9 ! : ”Si vous ne croyez pas, vous ne comprendrez pas.” Jean Guitton pour clore cette intervention dit en une phrase admirable : ”croire n’est pas savoir, croire n’est pas comprendre, croire c’est adhérer dans la nuit.” Je rajoute que croire c’est même assimiler l’irrationnel.

Merci.

Un lien vers une explication de l’encyclique « libertas praestantissimum » par l’abbé Billecocq (FSSPX) : https://integralisme-organique.com/2020/03/libertas-praestantissimum-de-leon-xiii-abbe-billecocq/